Les gênes de l’adultère 1/2

Tes gênes coquins

Nos gênes déterminent beaucoup de choses : qui nous sommes, quels types de comportements serons-nous le plus enclin à adopter dans certaines conditions, environnement, etc. Oui, nos gênes font partie de nous. Et une chose est sûre, c’est qu’ils ne comptent pas y rester éternellement. Ils cherchent la même chose que toi : le sexe !

Ce sujet (de moins en moins) tabou occupe une place tellement importante dans notre société que l’on en dirait presque une obsession : publicités, mode, conversations quotidiennes. Nous pourrions discuter des causes sociétales de sa considération de plus en plus légère avec le temps, mais en résulte tout de même que la sexualité, cachée, brimée ou ouverte, a toujours tenu une place énorme dans les groupes humains. Cela va de soi, me diras-tu, car plus d’humanité sans sexe.  Et c’est bien là que je voulais t’amener, car si tu cherchais encore une raison de vivre, si tu passais des heures dehors la nuit à contempler le ciel étoilé en te demandant, avec un léger soupir, « quel est le sens de la vie ? », je te le donne sur un plateau : la procréation. Cela paraît idiot et faire fi de tout un pan de l’âme humaine (la spiritualité, la pyramide des besoins de Maslow, tout ça). Certes, il serait insensé de tout balayer de la main, mais ces aspects sont secondaires. Ils sont en quelque sorte les outils pour la conquête ultime, le but final qu’est la procréation et la transmission de ses gênes. Nos gênes nous manipulent comme des pantins sans même que nous en soyons conscients. Pour s’en convaincre, il est bon de citer pour exemple une expérience faite sur des dindons mâles : la réplique en bois d’une femelle était disposée au sein de l’enclos. Comme on pouvait s’y attendre, bien qu’induits en erreur, les mâles n’ont pas tardé a saisir l’occasion d’un accouplement. On a réitéré l’expérience cette fois avec une simple et grossière réplique en carton-pâte de tête femelle, disposée sur un piquet dans l’enclos. Qu’ont fait les mâles ? Yep…

Non, nous ne sommes pas des dindons. Mais qu’y a t il de différent entre une volaille enflammée par une fausse femelle en bois et un jeune boutonneux sur Youporn ? Certes, la volaille n’a peut-être elle pas conscience de sa méprise, tandis que nous avons conscience qu’une belle blonde nue en photo n’est-qu’une image. Mais justement ! N’est-ce pas totalement absurde de s’échauffer pour une simple image ? N’est-ce pas là une preuve que nous sommes manipulés ? La quête sexuelle et in fine la procréation détermine, inconsciemment et sous couvertures d’autres prétextes, presque tous nos agissements sur le plan personnel ainsi que nos ambitions. Cette affirmation  découle sur le principe de l’échange sexe-ressource, développé prochainement. Ce préambule fait, nous pouvons nous demander ce qu’apporte l’infidélité et pourquoi elle a toujours existé.

Le gain de la trahison

N’importe quel psychologue vous affirmera que les gens se séparent ou se trompent pour des raisons sentimentales. Madame est devenue trop agaçante pour Monsieur, Monsieur trop indifférent pour Madame. Incompatibilité d’humeur, lassitude, perte de désir et d’intérêt, beaucoup de raisons existent pour expliquer ces coups de canif dans les contrats. Mais au-dessus de ses raisons, évidentes et avérées à première vue, plane tel le condor l’influence de nos gênes. Jeunes, lorsque vient le moment de réfléchir à la mise en place d’une relation longue durée,  hommes et femmes ne courent pas après la même chose. Les femmes chercheront en un homme le meilleur ratio ambition/physique agréable tandis que les hommes chercheront le meilleur ratio capacité à être responsable et donc de s’occuper d’enfants/physique agréable. Un beau gosse ambitieux et prometteur n’aura aucun mal à se trouver une fille belle et intelligente. Ça, c’est dans le meilleur des cas. Mais comment faire quand on aucun de ces attributs, femme ou homme ? Eh bien, il faut déjà rappeler qu’ils n’ont rien d’absolu et relèvent, dans une certaine mesure et un certain contexte, du subjectif (François Hollande est un homme puissant en France en 2016 mais ne tiendrait pas une heure chez les bushmans d’Australie). Notons aussi que chacun fait avec ses possibilités et que « qui se ressemble s’assemble ». Et quand on a une de ces qualités à fond mais pas l’autre ? Quand on est à 1 sur 2 ?

Prenons Pierre et Marie. A 17 ans, Pierre et Marie sont en effervescence et n’ont aucune responsabilités sur les épaules. Marie, belle comme un ciel d’été, les attire tous. Oui, c’est une fille magnifique. Seul problème : elle est bête et vulgaire. Pierre lui est empli de testostérone et est beau gosse. Seul problème ? Il est paresseux (ou bête) et rate ses études. Ces deux là auront ils des problèmes pour se trouver des prétendants amoureux ? Aucun, ils seront même parmi les plus populaires de l’école. Marie et Pierre ont désormais 23 ans. Marie est toujours aussi belle que bête et Pierre aussi beau que fainéant. Cette-fois, la donne a changé. A cet âge, on est censé avoir déjà un minimum prévu l’avenir, or ces deux là en sont toujours au même stade ! Auront-ils du mal a se trouver un partenaire du même âge ? Oui, assurément. Vient alors l’option b, devenir l’amant ou l’amante d’une personne en couple. Marie cherchera un homme plus vieux mais riche, preuve par là que la quête de la ressource, ou l’ambition quand on est jeune,  est la plus importante (voir les bombes aux bras de vieux acteurs au festival de Cannes), Pierre probablement une femme plus vieille mais déjà mère et au mari bien positionné socialement (la vieille riche qui trompe son mari avec le jeune jardinier). A 50 ans, Marie qui s’était mise en ménage avec le vieux riche et s’est ainsi assurée la protection matérielle de sa progéniture, draguera le jardinier plus jeune. Pierre lui, qui finalement su s’élever socialement et se dégoter une femme responsable, la trompera avec une diva plus jeune, comme Marie a 23 ans. Et le cercle se referme.

En fait, on trompe toujours car cela nous apporte quelque chose, une chance de plus dans la course génétique à transmettre ses gênes et assurer sa reproduction. C’est toujours du win-win. La femme de 35 ans qui trompe son mari avocat avec un autre homme mieux bâti pourra élever une progéniture plus saine en profitant des ressources du mari. L’amant aura la sérénité d’avoir une progéniture sans même avoir besoin de l’élever. C’est le beurre et l’argent du beurre. Le vieux riche trompant sa femme de toujours avec des petites jeunes s’accordera la possibilité de transmettre ses gênes a une femme plus féconde et fertile. La petite jeune aura le rassurant confort matériel pour le seul effort d’être belle. Une femme peut soudain trouver son mari de plus en plus indifférent, méchant, agaçant, alors qu’elle a très bien vécu avec pendant 15 ans. Ah, mais son mari a perdu récemment son boulot et fait face a des problèmes de jeux. Puis il y a aussi ce dentiste successful qui à l’air de lui faire de l’œil… Un homme peut soudain perdre bizarrement beaucoup de désir pour sa femme et la trouver d’un coup moins attirante, plus chiante qu’autrefois. Ah, mais il a reçu une belle promotion au boulot, puis il y a cette jeune secrétaire belle et intelligente et ses battements de cils …

Tromper apporte donc la satisfaction de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Alors bien évidemment, grâce à la contraception, les femmes ou hommes adultères n’ont généralement plus d’enfants illégitimes. Mais nos mécanismes restent ce qu’ils sont et réapparaît le concept de Mismatch dont je parle ici.

Mais alors pourquoi tout le monde ne trompe pas son conjoint ? Pourquoi la fidélité existe-elle encore si tromper apporte autant d’avantage ? C’est l’objet de la deuxième partie.

Inspiré d’un chapitre du best-seller de Philippe Gouillou pour savoir si t’es cocu :