Comment j’ai perdu 10kg en souriant et en mangeant des bananes

La fin d’un monde

Il y a environ un an m’est arrivé une chose incroyable, une situation inédite, plongeant tous mes sens en éveil. Il n’aura fallu que quelques secondes pour que je prenne conscience de l’événement, que dis-je, du cataclysme dont mes proches venaient d’être témoins. Car je n’étais pas seul.

Je ne m’étais pas réveillé avec l’once d’une idée de ce que me réservait le destin ce mercredi là, à 12h48. Tout était tranquille. Un bon repas d’été en famille, le soleil et Bob Marley en fond sonore. Nous entamions le repas avec hâte. Avec quelques kilomètres de course à pied dans les pattes et une faim de loup, la salade de tomates-mozzarella maison prenait pour moi la valeur du plus beau des trésors. À 12h45, les premières salves d’huile d’olive touchèrent mon palais. À 12h46,  je remerciais les conquérants espagnols d’avoir su domestiquer ce fruit charnu. À 12h47, j’entendis vaguement ma mère m’appeler par mon prénom.

Et à 12h48… j’ai refusé des frites.

Mesdames et messieurs, je l’ai fait. Grand abonné des snacks, bonbons, chips et autres fast-foods nocturnes, j’ai su faire volte-face et changer de camp. Cela a changé ma vie et je vais t’expliquer pourquoi.

Caoutchouc chocolaté contre morceau de flou

Dans nos sociétés occidentalisées, l’alimentation n’est pas perçue à sa juste valeur. De la pizza surgelée savourée à la va-vite au petit sandwich sur le temps de midi, il nous arrive même d’oublier que manger est un acte hautement symbolique. Il est bon de se rappeler tous les rituels et coutumes entourant cet acte d’alimentation depuis la nuit des temps, de la prière Chrétienne avant le repas jusqu’à la cérémonie du thé asiatique.

Si nos aïeuls savaient prendre le temps d’apprécier la saveur d’une pomme de terre de saison, de juger de la qualité d’un fruit ou d’un gibier, c’est que la nourriture était de bien meilleure qualité et surtout bien moins accessible. Les produits industriels ont complètement révolutionnés notre mode de consommation et, tels des enfants gâtés baignés dans l’abondance, nous avons perdu cette capacité de juste estimation des richesses incroyables que nous livre Dame Nature. Qu’est ce-que la puissance d’une pomme, même bio, à côté de deux kinder bueno pour des enfants  ? Comment leur faire terminer leurs épinards lorsque le goûter dans un fast-food est utilisé comme récompense par certains parents ? Nous nous ruons vers le sucre et le gras car ces deux substances, essentielles à doses normales, ont le pouvoir de nous rendre presque accros, dépendants. Alors, que l’on nous répète que « les fruits c’est bon pour la santé », que « les épinards ça rend fort » est très bien, mais c’est aussi très flou, et un enfant n’hésitera pas entre un Big Mac et un morceau de « flou » vert-pomme.

Cette perte de considération pour les aliments naturels est un vrai drame, alors même qu’ils ont constitué toute l’alimentation humaine depuis nos premiers représentants. L’industrie agro-alimentaire et ses pseudo-aliments ne représentent rien sur l’échelle temporelle mais ont déjà fait beaucoup de ravages. Alors où est la solution ? L’homme n’aime pas les concepts abstraits. Pour qu’il puisse assimiler qu’une alimentation saine est la base ultime d’une vie saine, il doit en comprendre les tenants et aboutissants mais surtout, je crois, l’expérimenter par lui-même.

 Graisse et sucre bien avant les dollars

Les enfants sont des hommes à l’état brut. Et question alimentation, ils sont très révélateurs quant aux tendances alimentaires générales de toute une population. La raison d’un tel engouement excessif de la part des petits pour la graisse et le sucre, pour le Mc Do et le Nutella plutôt que les fruits et les légumes, n’est qu’une de ses révélations. En effet, notre attirance pour ces deux produits découle de notre environnement ancestral auquel je fais souvent référence dans mes articles, l’époque préhistorique pour simplifier. Quand nous étions chasseurs-cueilleurs, quels étaient les deux produits les plus recherchés et difficiles à obtenir ? La graisse et le sucre.

Pour obtenir le premier produit, il fallait le mériter. Nous devions élaborer des pièges, traquer, coopérer. Il n’y avait pas d’abattoirs industriels où les hommes pouvaient se permettre d’abjectes maltraitances ; l’animal était sacré et d’une grande valeur, sa graisse soigneusement respectée et partagée. Mais en plus de cet aspect « respect de l’adversaire », il faut bien avoir en tête que sans graisse, c’en était (et est) terminé de nous. Tout le monde a déjà vu les ravages de l’anorexie et la faible bien-portance des maigres chroniques. La graisse, en plus de nous apporter une protection contre le froid, permet de produire des hormones essentielles à notre fonctionnement, telle la testostérone chez les hommes, et de permettre aux mères d’allaiter efficacement. Les hommes pratiquant la musculation acquiesceront si je leur dis qu’en période de sèche, quand le désir sexuel fout le camp c’est qu’il est temps de remanger un bon hamburger.

Ce qui a fait le pouvoir du sucre sur nous est un peu plus complexe. Il y a tout d’abord le même facteur de rareté. Entre les insectes et les autres animaux qui partageaient notre environnement sauvage, il fallait se dépêcher pour récolter un maximum de fruits murs, consommables donc très sucrés. Mais de plus en plus, nous nous rendons compte que le sucre agit comme une vraie drogue sur notre cerveau. La raison en est simple : le sucre est primordial au fonctionnement de notre cerveau et donc de nos facultés de survie. Ainsi, dans l’ordre des produits les plus importants pour que Sapiens persiste, le sucre s’est sûrement placé en numéro 1 avant la graisse. Il faut savoir réfléchir pour chasser. Mais désormais, dans un monde remplit de produits industriels hyper-sucrés, notre grande attirance pour le sucre peut à tout moment basculer dans l’excès pulsionnel incontrôlable, un peu comme la dépendance au porno.  C’est la même logique. Et ça, les industriels l’ont bien compris. En 2016, on se retrouve donc avec des Kellog’s dont les taux de sucre dépassent l’entendement et la raison aux petits-déj des enfants, c’est-à-dire à ceux même qui ont le plus besoin d’une alimentation « équilibrée » (ou juste « normale »). C’est ainsi que l’on se retrouve avec  une hausse démentielle du diabète partout dans le monde, et c’est ainsi que des ordures te vendent du poison en habillant le paquet d’une jolie couleur et de soi-disant apports de vitamines. C’est encore ainsi que l’homme tuera l’homme par amour de l’argent, et que Monsieur Nestlé fumera son énième cigare, tapotant calmement les cendres de sa sale conscience en attendant l’enfer.

Le CVB : Cercle vertueux bananier

Une fois intégré le fait que tout le monde veut te piéger, tout le temps, et surtout question alimentation, on va pouvoir réfléchir à un plan. La première étape est de virer tout ce qui peut représenter l’aliment malsain. Pour avoir plus facile, garde cette phrase en tête : « est-ce que mes arrières grands-parents mangeraient ça ?« . C’est globalement une bonne réflexion. Mais si l’on est un intoxiqué chronique, habitué de la malbouffe, il faut y aller calmement comme un apnéiste en remontée. Ainsi, la désintoxication est primordiale ! Je recommande pour cela  l’emploi de tisanes, de jus détox multi-fruits ou légumes à l’aide d’une centrifugeuse, d’eau citronnée au réveil, de petits jeunes occasionnels et d’un changement d’alimentation progressif : on peut déjà modifier le steak-frite classiques-ketchup de ce soir en steak-frites au four-salade. C’est soft et c’est agréable. Le problème quand on y va trop franco, c’est que le corps réagira mal et viendra alors nausée, diarrhée etc. Preuve par là qu’une intoxication réelle s’est mise en place. Pour des bons conseils détox, je recommande la chaîne Youtube de Thierry Casasnova.

Comme souvent, la première étape est la plus dure. Mais une fois qu’un certain respect de son alimentation s’est installé, parfois au prix de rechutes et d’inévitables agacements, il est temps de choisir ses préférences alimentaires et apprendre à savourer notre nouvelle façon de vivre. Je ne pense pas qu’il soit utile de devenir un radicalisé du manger-sain. La nourriture est un plaisir, et je ne rechigne jamais sur un bout de gâteau chez un invité ou une bonne bière de temps en temps. Le tout est de garder le tableau à double colonne de l’alimentation du coté + en s’aidant du sport notamment, sans que cela ne devienne l’excuse pour sauter sur ce paquet de chips après l’entraînement. Le truc du « j’ai fait une heure de sport donc je peux » ne tient absolument pas. Mais de toute façon, ces tentations partiront avec le temps comme je vais te l’expliquer.

Je suis un gros consommateur de bananes. Ce fruit de 50 millions d’années est un trésor, et si les sportifs la connaisse car elle met la pêche avant la compétition, les dépressifs devraient toujours en avoir une sur eux également :

Il suffit juste d’un rien pour faire le plein de potassium : consommer une banane. Ce fruit, étant une vraie réserve de potassium, est un aliment anti stress efficace qui agit de manière significative sur le cerveau.

La banane contient également une forte dose de tryptophane. Le tryptophane est, il faut le rappeler, fortement conseillé pour les personnes souffrant de dépression passagère due au stress. Le tryptophane agit sur le taux de sérotonine, ce dernier étant une molécule qui agit fortement sur l’humeur d’une personne et contribue au bien-être.

Source

Je prends la banane comme exemple, mais je pourrais parler de tous les fruits. En fait, s’opère un changement radical de tout ton être lorsque tu changes d’alimentation et passe à un mode de vie sain. Non seulement physiquement, mais aussi psychiquement et surtout psychiquement. Meilleure humeur, ambition, confiance en soi, sentiment d’être dans le « vrai ». L’engouement pour ta nouvelle condition te pousse à deux choses : faire campagne auprès de ton  entourage pour qu’ils adoptent les mêmes critères de sélections ; développer un véritable cercle vertueux ainsi qu’une barrière naturelle contre les anciens aliments corrompus. Désormais, les yaourts industriels me repoussent littéralement et le coca m’écœure. Quand on sait qu’un grand nombre de neurones se situent au niveau de l’estomac, et qu’il s’agit donc véritablement d’un deuxième cerveau, on peut affirmer avec plaisir que l’on devient ce que l’on mange.

Jette ce paquet de chips, jette ce soda. Ce sera dur au début, mais plus le combat est dur, plus la victoire est belle. 

Les outils qui m’ont apporté énormément de positif :