Être un homme, c’est quoi ? 2/2

Un monde dur

Dans la première partie, j’expliquais principalement la différence entre être un homme dans son essence première, et être un homme bon. C’est justement sur cette essence même de l’homme que j’aimerais revenir dans cet article. J’avais pris pour exemple Tony Montana et expliqué que beaucoup le prenaient pour modèle car il incarnait le type utile pour le groupe en situation primitive. Il est vrai que dans l’environnement ancestral, pour lequel nous somme toujours exactement conçus (le « mismatch », que j’expliquais dans la première partie. Il faut toujours garder ce fait en tête), il ne fallait pas se tromper sur les gars que vous choisissiez pour aller chasser, manger, construire et assurer la défense de vos femmes et enfants.

On ne pouvait absolument pas se permettre d’être accompagnés de canards boiteux lorsque un groupe de maraudeurs se rapprochaient dangereusement ou lorsque nous n’étions pas sûr de savoir sur quel territoire nous étions. Un homme trop peureux, trop fragile ou trop efféminé était donc relégué au fond de la classe des hommes, bénéficiant d’un statut particulier, ni femme ni homme, et apportait son utilité à la tribu en tenant le rôle de médiateur des conflits, en aidant les femmes, en racontant des histoires aux enfants, etc. Ce statut particulier, cette marginalisation, peut sembler assez dure et « impolitiquement correcte » aujourd’hui. Il est pourtant de bon ton de s’y intéresser car il pourrait expliquer d’une certaine façon le pourquoi de l’homophobie à travers les âges.

Au sein d’une équipe d’homme partant chasser, chacun devait donc prouver qu’il avait de la valeur a apporter. Il devait être fort, avoir de la maîtrise, et être courageux. Mais ils ne devaient pas seulement se contenter de l’être, ils devaient aussi le paraître, que ce soit pour séduire les femmes ou donner une image de marque à la tribu. Les hommes dit efféminés, aux taux de testostérones plus bas que la moyenne masculine, allaient en règle générale à l’inverse de cette condition. Les manières délicates, la voix douce et une sensibilité accrue ne sont en effet pas vraiment considérés comme des démonstration de force et de virilité.   Les équipes primitives masculines ont donc dû, par nécessité, marginaliser les hommes efféminés (donc par généralisation homosexuels) au risque de se faire sous-estimer par une équipe d’autres mâles rôdant dans le coin ou de diminuer le potentiel de chasse. C’était dur et injuste, de notre regard de Sapiens du 21e siècle bien au chaud sur un ordinateur. Mais la nature n’était juste pour personne. Rappelons encore une fois cependant que dans la majorité des cas, les hommes efféminés se portaient probablement très bien et étaient intégrés comme tout le monde sous leur statut spécial.

Force, Courage, Maîtrise et Honneur

Un homme possédant ces quatre vertus sera respecté quelque soit la tribu primitive qu’il intègre. En effet, ces qualités sont les seules essentielles qu’un groupe d’homme doit tenir en cas de situation de survie et qui sont critères de respectabilité dans toutes les sociétés humaines à travers le monde. Elles sont amorales, car elles ne découlent pas de codes moraux établis par une société donnée mais de l’essence même du mâle Sapiens, de ce qu’on lui a toujours demandé pour garantir la survie de l’espèce. Elles sont plus fortes que tout, même que l’adversité et la haine de l’ennemi : on a permis l’exil de Napoléon sur l’île de Saint-Hélène car il incarnait ces valeurs. On a respecté l’adversaire.

Napoléon était un homme fort. Peut-être pas physiquement, mais mentalement. C’était un homme invincible sur ce terrain. Il en faut pas mal pour réussir à s’endormir quand vous savez que le lendemain des milliers de vos hommes affronteront des milliers d’autres. La force mentale et physique, tout dépend du contexte, joue grandement dans la hiérarchie des hommes. On exigera d’un trader une grande force mentale, mais d’un membre d’une tribu primitive surtout une grande force physique. Et comme le disait Michel Audiard : « quand les hommes de 120 Kg disent certaines choses, les hommes de 60 les écoutent. »

Napoléon était-il courageux ? Je penses que oui et qu’il faut l’être beaucoup pour se hisser en despote et oser s’engager dans des guerres colossales en affichant clairement son nom et sa responsabilité. Ce n’était pas comme tous ces petits bureaucrates planqués et gavés au caviar de la commission européenne ou du gouvernement US, qui balancent les drones quand ça les arranges. Le courage, c’est la volonté de faire face à un danger, à un préjudice ou à un mal pour le bénéfice d’autrui ou de soi-même. C’est oser risquer sa peau ou souffrir un bon moment afin de triompher. Le jeune homme homosexuel mal dans sa peau faisant son coming-out malgré une famille très dure fait preuve d’un immense courage. Le millionnaire Bruce Jenner, patriarche de l’inutile famille Kardashian, se changeant en femme ne fait preuve d’aucun courage. N’en déplaise à nos mé(r)dias dégénérés. La femme obèse qui décide de se prendre en main et perdre du poids même si cela sera long et difficile fait preuve de courage. Le père de famille dans la précarité faisant tout pour que sa famille vive normalement fait preuve de courage. La bimbo frigide d’Instagram se battant contre la cellulite ne fait preuve d’aucun courage. Un des grand mal de ce monde est l’abaissement et la ridiculisation des valeurs. À force de les mentionner à tort et à travers, elles perdent toute leur puissance et leur sacralité.

Qu’est-ce que la maîtrise ? On pourrait distinguer deux sortes de maîtrise : la capacité à se prendre en main seul, et la volonté d’obtenir une expertise dans un domaine. Dans n’importe quelle société, personne n’aime les boulets. Les gens qui ne se prennent pas en main et dépendent des autres sont des freins et sont systématiquement rejetés par le groupe (du moins là ou le chômage à vie n’existe pas). La seule façon de devenir un membre à part entière de la communauté est d’acquérir une certaine compétence dans un certain domaine. Pour compter, il faut que l’on puisse compter sur vous en quelque sorte. Le moins que l’on puisse dire sur notre empereur Français, c’est que c’était l’un des plus grands dans son domaine.

L’honneur est la préoccupation que l’on a de sa réputation. C’est le sentiment d’être droit dans ses bottes et de pouvoir le crier sur tous les toits s’il le faut, mais aussi la condition nécessaire pour ne pas se laisser piétiner : « Si je laisse un homme voler mes poulets, je pourrais tout aussi bien le laisser violer mes filles ». Un homme sans honneur est un homme qui accepte d’être relégué au fond de la classe des hommes. Il faut bien comprendre que le « répond aux imbéciles par le silence » peut-être utilisé seulement jusqu’à une certaine mesure. Cette limite, c’est l’attaque personnelle et la volonté marquée d’un tiers de nous nuire. La société humaine étant hiérarchique, la notion d’honneur et d’amour-propre s’est implantée en nous afin de pouvoir déterminer qui est qui dans un groupe donné. Nous pouvons ainsi par exemple comprendre pourquoi la majorité des bagarres entre hommes se déroule en présence d’autres personnes.

Comprendre nos comportements :