Les lecteurs sont des leaders

Le deal gagnant

Imagine-toi marcher dans la rue un beau matin. Tu te rends chez le libraire acheter ton paquet de cigarettes quotidien. Soudain, un génie apparaît. Il te propose de rencontrer Elon Musk, Einstein, Marc-Aurèle dans la même pièce. Il te propose d’avoir accès à tout le savoir du monde et de comprendre comment les plus grands hommes ont pû le devenir. Il te propose de comprendre comment marche notre psychologie, pourquoi ta petite amie t’a quitté et pourquoi tu es accro à cette foutue cigarette. Mais pour accéder à tout ce savoir, pour trouver une réponse à presque toutes tes interrogations, tu vas devoir donner deux choses en contrepartie : du temps et 20 euros pour ton premier livre contenant 300 pages de savoir. Trois paquets de cigarettes et quelques heures par semaine pour ne plus se faire larguer par ta prochaine copine. Bon deal non ?

Je suis profondément convaincu que si plus de gens lisaient des livres, le monde se porterait nettement mieux. On peut cependant faire une distinction entre ce que j’appelle les livres « d’élévation » et les livres de divertissement. C’est sur ces premiers que je vais mettre l’accent dans cet article. Mon premier vrai livre de ce genre fut Miracle Morning d’Hal Elrod, best-seller mondial du développement personnel. Je l’avais acheté par curiosité, un youtubeur que je suivais l’ayant vivement recommandé. Un peu mal dans ma peau à cette période, je m’étais dit que je n’avais absolument rien à perdre bien que je n’étais pas un fan de lecture. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne l’ai pas regretté. Une véritable illumination. Une révélation. Je lis désormais en moyenne 2 heures par jour, et le sentiment est indescriptible. En fait, c’est un peu comme si d’un poulet d’élevage destiné à une fin prévisible, tu passais à un coq de combat sur-armé bien déterminé à quitter ce foutu hangar.

C’est un fait, la plupart des gens n’ont soit pas le temps de lire, pris par les études, un boulot fatiguant, les enfants, soit n’aiment tout simplement pas le fait d’ouvrir un bouquin et de rester immobile plus de dix minutes. C’est avec bonheur que je t’annonce que ce ne sont que des excuses. Ça a l’air peut-être un peu facile à dire comme cela, c’est pourtant la vérité. En fait, il ne suffit que d’une demi-heure à une heure par jour pour déjà progresser. A raison d’une heure par jour, on viendra à bout d’un livre de 300 pages en environ une semaine. 4 livres par mois, 48 livres de 300 pages (ce qui est déjà pas mal) par an ! Pas mal non ? Il est toujours possible de se dégoter une heure par-ci par-là dans un état de fatigue minimum. Dans le bain, le lit, le matin, …  Le problème du temps n’est donc finalement qu’une question d’organisation. Je crois que le vrai frein est la motivation et le plaisir que l’on peut y trouver.

J’aime pas lire

« Je n’aime pas lire ». Oui, mais si tu n’aimes pas lire, qu’est-ce que tu fais sur ce blog à lire cet article ? Et si le vrai problème était le manque de concentration, l’incapacité à se poser calmement coupé du monde ?  Je remarque que tous ceux qui me disent qu’ils n’aiment pas lire peuvent pourtant passer des heures sur les réseaux sociaux à lire tout et n’importe quoi. On lit énormément de choses par jour, le manque de goût à la lecture n’existe pas en soi. Afin de stopper cette irrépressible course au click, au like, au scrolling facebookien et enfin souffler calmement en ouvrant un bon bouquin, il va falloir d’abord définir une période claire de lecture : je lis de telle à telle heure et je ne fais que ça. On coupe son téléphone, on s’assure qu’on ne sera pas dérangé et on se plonge dans les premières pages. Si l’on est vraiment loin dans le syndrome du scrolleur-zappeur, les premières 10 minutes seront les plus difficiles, mais on se fera ensuite plus ou moins vite absorber par le récit. C’est à ça qu’on reconnaît les bons livres et les bons auteurs. Au fur et à mesure de l’entraînement et de la volonté, la capacité de concentration se fera croissante et on sera vite capable de lire presque partout, n’importe quand. C’est ça la magie de la volonté mesdames et messieurs !

Il peut y avoir également un préjugé sur les livres dû à de mauvaises premières expériences. Je me rappelle que les bouquins qu’on nous donnait à lire à l’école étaient la plupart du temps longs et ennuyeux. J’ai donc tout naturellement passé mon adolescence avec cette idée que lire un bouquin demandait un effort et qu’il s’agissait parfois d’une corvée. Si seulement nos professeurs nous avaient donnés à lire des livres utiles, nous touchant dans nos vies de jeunes, je suis sûr et certain qu’il n’en aurait pas été de même. Il faut avoir à l’esprit que personne ne peut trouver handicapante une tâche qui lui permettra d’engranger des bénéfices clairs sur tous les aspects de sa vie. Tout ce qu’on a à faire, c’est briser ses croyances et choisir avec bonheur l’outil de papier dont nous avons besoin en ce moment. Envie d’apprendre la meilleure technique pour cogner son boss ? Il y a un livre pour ça. Envie de le manipuler sans violence ? Il y a un livre pour ça. Envie de comprendre le fonctionnement sociétal des crustacés cyclopes de Madagascar ? Il y a un livre pour ça :

crustacé.jpg

Lire pour s’émanciper

Lire, s’instruire, apprendre des hommes plus grand que nous, c’est enfin de compte le meilleur moyen de s’émanciper et transcender le déterminisme social. Et même si la lecture d’ouvrages plus complexe est difficile au début, on remarque vite que notre capacité de compréhension augmente avec le temps et l’expérience ! Le cerveau est d’une adaptation presque magique… Il faut cependant lire intelligemment et avec un but positif, ne lisons pas pour dominer mais pour nous élever, corriger, combattre l’irraisonnable qui grappille de plus de terrain et ce qui peut tous nous tirer vers le bas. Cultivons-nous pour devenir alliés du bien, de la justice et de la vérité.

Toute âme qui s’élève, élève le monde

– Gandhi

Restons humbles, toujours. Car comme disait l’autre, on est toujours le con d’un autre.

Et quand tu parles avec un con, peut-être qu’il est en train de faire pareil.

– Youssoupha – irréversible

N’oublions non plus jamais de faire marcher notre esprit critique ; dans une revue scientifique, les articles sont soigneusement filtrés et analysés par d’autres experts ce qui limite les risques de bêtises. Ce n’est pas le cas des livres. Même si un livre rempli d’idioties s’élimine souvent de lui-même grâce au temps et au bouche-à-oreille des lecteurs, il est bon de garder ce fait en tête (je suis peut-être un néonazi planqué qui tente de faire passer des messages subliminaux dans des articles gentillets ? Qui SSait ?).

Pour conclure, les bibliothèques sont remplies de lingots d’or. Un or que tu peux avoir pour moins de 30 euros. Mettons-nous en tête que nous devenons ce que nous étudions, nous devenons ce que nous consommons physiquement et intellectuellement. Si la seule chose que je lis de l’année est mon fil d’actualité Facebook alors que je veux devenir un homme libre et épanoui, tout ce qu’il en sortira sera ce que j’ai fait toute cette année : voir la vie des autres, voir le succès des autres. Personne ne veut ça pas vrai ? Alors lance-toi soldat, la suite se fera toute seule…

Débuter sur les chapeaux de roue :