Pourquoi je crie seul dans ma douche tous les matins

Il y a deux façons de concevoir la vie : une de croire que les miracles n’existent pas, l’autre de prendre chaque chose pour un miracle

– Albert Einstein

Le mythe de Sisyphe

Il y a environ deux ans, j’étais un p’tit gars perdu, gros fumeur et un peu trop charmé par l’alcool. Comme beaucoup de jeunes, je n’avais aucune idée de ce que je faisais là, ni ou j’irais dans ce monde. Enfin, j’avais une vague image de ce qu’était être un homme heureux et de ce que je voulais faire de ma vie, mais aucune motivation et surtout pas une très grande confiance en moi-même. Quelque part, je sentais bien que la soupe qu’on me vendait, le fameux bonheur des magazines, c’était des conneries. Mais rien à faire, à force de se comparer et de s’apitoyer sur ma petite personne,  je faisais du sur-place.

Aujourd’hui, je lis deux heures par jour, je fais du sport régulièrement et je suis bien déterminé a monter ma propre entreprise et aider les gars dans la même situation que je l’étais. Je ne suis pas devenu le meilleur homme sur terre, le roi ou le champion du monde. Et alors ?  Je suis devenu une meilleure version de moi-même, ça me suffit largement. Gandhi disait qu’une âme qui s’élève, élève le monde. Et si c’était ça la clé d’un monde qui tourne bien ? Un monde composé d’éléments heureux, voulant faire en sorte que les autres le deviennent ? Je crois que les malheurs se font toujours par des gens mal dans leur peau et qu’il y a presque toujours possibilité de trouver une solution vers le haut. La plupart des gens ne sont tout simplement pas doués pour le bonheur, car personne ne leur a expliqué que le vrai bonheur, ce n’était pas de devenir LE meilleur. Pour être heureux, un homme a juste besoin d’un but, d’un défi, d’un combat ; d’amour et d’estime de lui. C’est tout.

Toute la difficulté réside dans le choix du combat à mener. Personnellement, je prends la vie comme un défi qui ne se termine jamais et dont le but est de s’améliorer sans discontinuer, sans jamais (s’) abandonner. Toujours devenir meilleur que le jour précédent. Dans un sens, c’est un peu le mythe de Sisyphe puisque la lutte n’a pas de fin. Il n’existe pas d’homme parfait ayant accompli toutes les choses à accomplir dans une vie d’homme, ayant bravé tous les échecs. Tout le monde à ses défauts, tout le monde à ses remords, tout le monde a ses méfaits. Alors, pourquoi s’obstiner ? N’est-ce pas d’une absurdité incroyable ? Certes, puis au fond, personne ne sait vraiment ce qu’on fout là. Si l’on voit la vie dans ce prisme de l’absurde, c’est vrai que c’est assez déprimant. Voyons donc les deux chemins de la vie : se trouver une cause pour avancer ou se laisser dériver dans les méandres de l’inconnu, sur le bateau des égarés naviguant sur le Styx. Au bout du fleuve, l’enfer. Je n’ai jamais voulu aller en Enfer.

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Le cercle vertueux

J’adore le moment de la douche, c’est un peu comme une parenthèse dans le combat, une trêve ou on peut réorganiser ses troupes. En fait, si tu venais tous les matins dans ma salle de bain (bon y a peu de chance pour que ça arrive, sauf si t’es une Suédoise d’1m80 là on peut négocier) tu me verrais crier comme un possédé des tas de trucs à te faire enfermer un bonhomme avec la camisole.

J’suis le meilleur ! J’vais tout péter ! Bordel  !

Pourquoi je fais ça ? Parce que j’ai découvert un truc extraordinaire et gratuit : l’affirmation. L’affirmation qu’est-ce que c’est ? Eh bien, rappelle-toi quand tu étais enfant et que Noël s’approchait. Tu feuilletais ce magazine de jouets et ton dévolu s’était porté sur cette magnifique voiture téléguidée. Une bombe. Sans attendre, tu l’inscris sur ta liste pour le père Noël et tu espères, tu espères… Tu espère tellement que tu y pense tous les matins, tous les soirs. Tu te remémore sans cesse la vision de l’objet de tes désirs et tu te répète inconsciemment : « Ah, quel plaisir ça serait ! ». Et tu sais quoi ? Plus tu te le répète, plus ça se renforce. Et plus ça se renforce, plus tes parents le voient. Quelle est la première chose à laquelle ils vont penser dans le magasin en achetant tes cadeaux ? A cette bagnole dont tu parlais sans même y faire attention.

La voiture c’est le but, les parents c’est la loi de l’attraction.

Qu’on croie ou non à cette fameuse Loi de l’attraction (j’y crois personnellement car je l’ai expérimentée et « vue » de mes yeux), on ne peut nier que l’affirmation, ou le fait de se répéter souvent et avec conviction que l’on peut atteindre son but, a un impact énorme. Comme je l’expliquais dans mon article sur le rap mainstream, notre apprentissage, nos convictions et nos comportements fonctionnent sur le principe de la répétition. Pense que t’es nul, tu te sentiras nul. Pense que t’es un gagnant, tu te sentiras gagnant. Et tu agiras comme tel ! Même dans nos moments les plus sombres, ayons cette pensée à l’esprit dans un coin de la tête : tes émotions sont dictées par ce que tu te dis à toi même. Il ne s’agit pas de se mentir et d’appliquer une méthode Coué de la pensée. Inutile de se dire que tout va bien quand tout va mal, mais disons-nous que nous avons tous et toujours  la capacité d’être fort et de surmonter les obstacles. Il ne faut JAMAIS se laisser abattre. Quand vient un problème, la première phase est le choc. On s’est pris une vague dans la gueule et on est sonné. Très bien. Mais passé cette première vague, il va falloir nager.

PSAR : Pensées -> Sentiments -> Actions -> Résultats 

Cercle CARC : Confiance en soi -> Actions -> Résultats -> Confiance en soi

Prend-toi en main ou le Diable te prendra

« L’Esprit est tout ; ce que tu penses tu le deviens » disait Bouddha. Nos pensées font partie intégrante de notre être et donc de nos comportements. Celui qui n’en a pas conscience se laisse attraper par ses propres pensées et par celles des autres ; un leader charismatique n’est rien d’autre qu’un homme qui parvient à faire passer ces pensées dans la tête des autres pour le meilleur ou pour le pire… Ainsi, les défaites et les victoires dépendent en premier lieu de ton état d’esprit, donc de tes pensées.

Pour réussir, il faut rejeter tout doutes quant à son succès futur et s’accoutumer à ne céder qu’aux pensées positives. Les pensées auto-dénigrantes apparaissent souvent dans des moments de faiblesse, comme quand nous sommes en plein assaut de ce que je nomme la fatigue-pirate , et l’important est de bien les identifier afin de ne pas se laisser avoir. Encore une fois, il ne faut pas les refouler, mais les analyser et considérer si il s’agit d’un avertissement ou d’une simple pensée inutile et malfaisante (« je n’y arriverai pas ; « je suis moche » ; « mon travail sera mauvais de toute façon » ; « que vont-ils penser de moi ? »).

L’esprit est un muscle que l’on peut développer. La méditation est un excellent exercice, l’affirmation en est un autre. Tout ce qu’il faut faire, c’est se parler à soi-même avec conviction. Un peu comme une prière, mais dirigée vers soi. On se donne des ordres, on est son propre chef. « Je peux le faire ! » ; « J’ai décidé d’être heureux ! » ; « Je vais y arriver ! ». Il n’est pas obligé de le crier comme je le fais, mais ça en rajoute à l’émotion. Et y mettre du cœur est indispensable.

La première étape pour gagner, c’est être persuadé que l’on peut gagner.

Moi j’en suis sûr.

Et toi ?

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