Conserver l’essentiel, éliminer le superflu : la règle fondamentale

Malgré cette faim de fortune qui fait que les miens ne dorment plus
Je n’oublie pas que l’air et l’eau tous deux ont des teintes d’or pur – Deen Burbigo 

Le diagnostic

Quand on s’intéresse de près au principe de la sélection naturelle de Darwin, une chose saute aux yeux : seules les caractéristiques pratiques d’une espèce donnée, c’est-à-dire permettant la pérennité via une adaptation parfaite au milieu, persistent et triomphent. Dans la nature, il n’y a pas d’entre deux, aucune neutralité : ce qui freine ou altère l’espèce animale dans ses conditions naturelles est rapidement éliminé au profit du meilleur, du fonctionnel, du bon sens, du bien. Dans la nature originelle, l’impartialité n’existe pas, absolument rien n’a une valeur nulle et sans conséquences. C’est soit blanc ou noir, bon ou mauvais, positif ou négatif. Concrètement, le politiquement correct transigeant a toujours fini dans la gueule humide d’un prédateur ou sous le joug de la tribu d’en face. C’est l’éternel retour du concret couplé à l’éternel antagonisme transcendantal : l’ultime division du bien contre le mal.

Dans une société occidentale désormais passée dans le camp de l’ultra-capitalisme ou ce que j’appelle simplement le capitalisme obscur, consistant en gros à inverser toutes les valeurs et gommer toutes les identités, réalités biologiques et sociologiques de l’homo sapiens au profit d’un homo consommateur abruti, vide, remplaçable et incapable de remise en question qui fera parfaitement l’affaire dans la perspective de mise en bétail du peuple au profit d’une élite, tout est fait pour vous faire consommer. À grand coup d’ingénieries sociales d’envergures, de collaboration médiatique intentionnelle ou non et surtout de mensonges grossiers, votre cerveau assimilera le dogme ultime de la grande consommation : « vous avez besoin de ça.« . Le besoin, voilà le maître-mot des marchands du Temple. Il ne faut plus combler le besoin : il faut le créer. Ainsi, pour être une personne formidable, un être humain complet et heureux, il va vous falloir mettre des sous de côté. Ben oui, c’est pas donné à tout le monde d’être heureux !

Grandes campagnes de « prévention » de la dépression, du stress, création de nouveaux concepts médicaux tels que le burn-out, applications mobiles pour tout et rien, tentative d’annihilation des différences sexuelles jusqu’à leur fusion, neuro-marketing ; culte du narcissisme ; appropriation de la culture par les marques, toutes ces tentatives n’ont qu’un seul but : vous tirer le billet du portefeuille en créant des besoins fictifs souvent présentés comme nécessaires, tout du moins positifs, ou tout simplement inoffensifs. Oui mais rappelez-vous, comme Darwin nous l’a démontré, rien n’est absolument inoffensif dans son essence. Ainsi, même le jeu mobile candy crush à une incidence : celui de me faire perdre du temps. Et c’est bien là le but du jeu ! Votre temps et votre attention sont les deux valeurs les plus inestimables que s’arrachent les marchands de rien. Mais au-delà de réjouir les marchands de soupe, un bon consommateur est un citoyen bien tenu et incapable de réflexion. Pendant que vous consommez de l’inutile, vous ne grandissez pas et ne faites grandir personne. Le mécanisme d’ingénierie sociale à l’œuvre actuellement est le principe de tittytainement de Zbigniew Brzeziński, obscur concept d’abrutissement des masses par la consommation et l’avilissement sexuel censé les maintenir dans une béatitude de vacuité. En d’autres termes, c’est le mantra « du pain et des jeux » de la Rome antique. Gouvernements occidentaux et grand Capital sont ainsi de mèche et une bonne illustration est l’infestation des lobbies divers au sein de la Commission européenne.

Alors personnellement, j’ai dit merde à toutes ces conneries et décidé de me concentrer sur l’essentiel.

Range ta vie

Tendre vers le minimalisme, ce n’est pas vivre en Hermite pseudo anarchiste dans un squat à faire des tags pseudo anti-capitalistes. Il faut la jouer intelligent. Ma conception de l’homme minimaliste moderne, c’est celle d’un homme qui consomme selon ses besoins concrets et réels, en vue d’une amélioration personnelle, d’un but, et pour lequel la marchandise est un outil et non une fin en soi. J’achète une cravate si j’en ai besoin. J’achète un smartphone si j’en ai besoin.  Je n’achète pas cette voiture car elle est à la mode. Je rêve quand même de me faire des plaisirs pas vraiment utile, style grosse cylindrée qui envoi la purée, mais je pourrais la revendre demain et elle ne me définit pas. Je domine l’objet et l’objet ne me domine pas. Mon but dans la vie n’est pas de posséder beaucoup mais d’être beaucoup, tout en étant assez pragmatique pour comprendre que l’argent est indispensable et qu’il faut bien payer les factures. C’est peut-être ça, l’anti-capitalisme intelligent, car reconnaissons-le, plus personne ne peut se revendiquer authentiquement « rebelle de la société » sans être en porte-à-faux. Comme ce groupe prétendu « anti-capitaliste radical » qui s’affiche sur Facebook, une multinationale américaine …

Pour mettre un premier pas dans cette vision alternative, un peu contre-courant sans trop l’être, il est bon de méditer sur les besoins originels du mâle Sapiens dans son épopée débutée il y a 200 000 ans et chamboulés il y a 10 000 ans avec l’apparition de l’agriculture. En tant que jeune membre testostéronné d’une tribu, à quoi pensez-vous ? Eh bien, il faut premièrement manger. Pour cela, vous partez à la chasse avec d’autres hommes -> besoin d’une quête, d’action, d’un but, et d’amitié. En revenant à la grotte, cette jeune femme récemment intégrée à votre groupe via la rencontre d’une autre tribu et l’unification commune vous fait les yeux doux, mais vous n’êtes pas le seul à convoiter cette demoiselle ! Il va falloir rivaliser -> recherche de l’assurance de soi, besoin de se distinguer et de montrer sa valeur. Vous parvenez à séduire la belle et faites un enfant, il va falloir vous occuper de votre famille -> recherche de la sécurité et de la stabilité. Mais vous comprenez aussi que pour être respecté, il va falloir monter en grade -> quête du statut. Ce statut ne vous sera pleinement accordé que si vous apportez quelque chose de positif au groupe. Les comportements parasites ou despotiques finissent toujours par être réprimés, c’est ce qu’on appelle la justice immanente.

En clair, voici de quoi un homme a vraiment besoin :

  • Les besoins physiques minimums (manger, boire)
  • De l’honneur et de l’estime de soi, accessibles que par des actions assurant le bien des hommes
  • Un but, un combat, une action, du mouvement
  • Des relations sociales, de quoi donner de l’amour et en recevoir, transmettre la vie

C’est tout

Quand on a ces trois conditions et qu’on sait les voir, on a tout. Le reste n’est que futilités, à doser selon l’importance et leurs conséquences sur ces piliers. Les ragots, les jeux télévisés, les disputes fugaces, les notifications, les assurances, l’argent, les huissiers, les nouveaux boulots abstraits du tertiaire, tout ça n’est qu’illusion. A prendre en compte certes, mais avec distanciation. Nul besoin d’avoir une vie complexe et occupée pour être un homme complet, car la nature est simple et le monde est simple. Le bonheur y résulte même, car l’inutile et le négatif finissent toujours par disparaître.

Ne rumine pas tes soucis, mais va à tes affaires. La vie n’est pas imaginaire mais réelle : elle a la poigne solide. Celui qui, sans l’importuner de questions, se réjouit de tout ce qui lui arrive, peut en attendre le meilleur. La nature déteste le regard de côté des anxieux et des envieux. Une vie bien remplie : voilà le bonheur. – Ralph Waldo Emerson

Le retour du vrai

Être un homme à contre-courant aujourd’hui, c’est donc savoir savourer ce qu’on a au lieu d’envier ce qu’on a pas. Voilà la vraie action subversive. Etre subversif en 2016, ce n’est plus dessiner des pénis sur les murs ou placer un plug anal géant sur une place publique ; ce n’est plus revendiquer les droits de minorités artificielles prétendument opprimées et en réalité servant ceux qui oppriment tout le monde ; ce n’est plus crier à l’injustice dans les banlieues tout en l’alimentant. C’est revenir aux fondamentaux, tout simplement.

Apprenons donc à savourer le présent, pragmatiquement, concrètement, pas dans une logique de psychanalyse de comptoir style magazines mainstream. Si tu es dans ton lit à lire cet article, prend le temps d’apprécier le confort de ton matelas. On est bien, pas vrai ? Tu t’engueules parfois avec ta femme, ta sœur, ta mère, ton père , mais comment cela se passerait si ils partaient demain ? Si ton chien disparaissait ? Si ton frigo était vide ? Ton pays en guerre ? Pose-toi la question, réfléchis-y. Savoures les choses les plus simple. Être reconnaissant de ce que l’on a, ce n’est pas difficile et c’est la première porte à franchir vers la confiance en soi-même et en la vie. Et quand on a la foi, on devient invincible. Et quand on devient invincible, on se lève et on se relève quoi qu’il advienne.